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La gamme « Silumine »
diffuse un livre de 103 pages au format 11 x 21 cm, intitulé « Le
silicium organique – Nouvelle approche » (Editions M Santé
– 6ème édition revue et augmentée). (Fig. ci-contre)
Aucun auteur ne revendique cet ouvrage, pourtant présenté
comme « l'oeuvre d'un groupe de chercheurs aux compétences
diverses dénommé LAIM ». On aimerait savoir lesquels,
mais en l'occurence les « chercheurs » semblent
préférer l'anonymat. On ne trouve nulle part non plus la
signification du nom « L.A.I.M. », pas plus que
ses coordonnées.
On comprend vite pourquoi : les « compétences »
n'existent pas, et le livre dans son entier est un concentré de
délire absolu. Aucun scientifique, même le moins doué,
ne peut avoir écrit une seule des pages dont voici quelques extraits
:
Dès l'introduction, on est fixé sur le sérieux des
auteurs, qui affirment froidement : « L.A.I.M. est parti de
l'héritage laissé par Dufaut, puis a développé
des connaissances spécifiques sur le silicium organique ».
Il est pour le moins surprenant que les héritiers spirituels autoproclamés
de Duffaut écrivent le nom de celui-ci avec un seul « f »...
On pourrait aussi s'étonner que la couverture de cet ouvrage consacré
au silicium organique présente de magnifiques cristaux de quartz,
autrement dit du silicium minéral. Mais l'explication nous est
donnée à la page 9 : « A la périphérie
de certains cristaux de quartz se trouve une pellicule de silice non encore
cristallisée : elle est dite amorphe. »
C'est exactement le contraire : j'ai démontré (c'est la
base même de l'exoscopie des quartz) que la pellicule de silice
amorphe provient de l'altération du quartz-support. Les « scientifiques »
du L.A.I.M confondent tout simplement amorphisation (= désorganisation
de la structure cristalline) avec cristallisation (= organisation de la
structure cristalline).
Dès la phrase suivante, les « chercheurs »
sombrent dans la confusion totale : « Cette pellicule est dégradée
par des micro-organismes naturellement présents en surface - bactéries,
diatomées, etc. Ceux-ci sécrètent des acides organiques
qui vont permettre l'amorphisation du quartz. »
Autrement dit, les micro-organismes vont dégrader une pellicule
déjà amorphe, redevenue mystérieusement du quartz,
et vont ensuite devoir ré-amorphiser celle-ci ??? C'est tout simplement
ridicule.
Mais les « chercheurs » vont aller infiniment plus
loin dans leurs découvertes : « Cette dégradation
va rendre la silice organique et hydrosoluble. Il s'agit simplement (sic)
de favoriser le développement de ces micro-organismes et de réunir
les conditions favorables à leur activité ».
Donc, les « chercheurs » du L.A.I.M. ont pu isoler
les micro-organismes en question et, pour fabriquer leurs mixtures, en
font en quelque sorte l'élevage, leur donnent des conditions de
vie idylliques pour favoriser leur activité, puis exploitent leur
travail.
Il est permis au consommateur curieux de se demander de quels micro-organismes
il s'agit. Sur quels types de sables très particuliers ils ont
été identifiés. Quelles sont les conditions favorables
à leur activité. Et comment procèdent les « savants »
pour extraire ce silicium organique naturel ?
Plus loin, on apprend (page 12) que « de par son hydrosolubilité
et du fait de sa liaison directe avec des acides aminés transporteurs,
le silicium organique est directement absorbable à des taux très
élevés ».
Or, cette assertion ne repose sur aucune base scientifique et il n'existe
aucune relation entre les acides aminés et le silicium organique.
Pourtant le schéma 2 représente cette association fantaisiste
(fig. ci-contre). Le problème, c'est que les « savants »
du L.A.I.M. n'ont pas réussi eux-mêmes à interpréter
correctement leur propre schéma, puisque (selon leur dessin), c'est
le silicium organique (en tête du cortège) qui visiblement
transporte les acides aminés...
Page 18, les « chercheurs » poursuivent : « Le
centriole est doué d'une fréquence que l'on peut aisément
observer au microscope électronique sous la forme d'un mouvement
pendulaire. Cette fréquence est de une à deux minutes.»
C'est, une fois encore, une découverte exceptionnelle. Surtout
quand on sait qu'au microscope électronique, qu'il soit à
balayage ou à transmission, on ne peut observer que des tissus
morts ! Ce qui signifie qu'au L.A.I.M. on a réussi à faire
effectuer des mouvements pendulaires à des cellules sans vie...
Il serait trop long de relever toutes les aberrations qui parsèment
cet opuscule : elles foisonnent littéralement à chaque page.
Un passage de la quatrième de couverture résume assez bien
l'extrême confusion intellectuelle des auteurs de cette brochure
publicitaire :
« Cette nouvelle approche suggéra de lui (le silicium
organique) associer une « information » qui se substitue
aux schémas de pensée et transforme l'état d'être
ayant amené la somatisation. Ce concept, lorsqu'il est personnalisé,
comme nous le démontrons (sic) ici, agit alors globalement sur
l'individu. Ce livre est accessible à tous et permet d'utiliser
le silicium organique afin d'améliorer l'état d'être
physique et émotionnel en faisant le lien entre la pathologie et
le présent vécu.»
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