DYNASIL
ou
Janet contre Janet
 

«  Mieux vivre la vie » diffuse une brochure consacrée à la gloire de la gamme Dynasil à base de silicium organique. (Fig. ci-contre), qui contient un « dossier exclusif » du docteur Janet consacré au silicium et à la santé capillaire.
Dans celui-ci, Janet nous apprend que le monométhyl silane triol « constitue la seule source de silicium réellement assimilable par l'organisme, élaborée à partir du sable et de plantes, naturellement riches en silicium, auxquelles on ajoute un atome de carbone. ».
 
Ce rajout de carbone inexpliqué n'est pas sans rappeler le moment où, au cours de mon procès, la procureure déclara froidement que le G5 « n'était qu'un verre de flotte dans lequel on jetait un grain de sable »...
Les seize pages de la brochure, en réalité, ne méritent guère qu'on s'y attarde (1).

Mais il est permis de se demander si Janet a bien écrit lui-même le texte qu'il est supposé avoir rédigé à la gloire de Dynasil.

En effet, dans le chapitre « silice biologique contre silicium organique », il affirme que « le silicium biologique n'existe pas ».
Et il s'insurge : « Pourquoi Mr Duffaut aurait-il travaillé toute une vie pour rendre organique le silicium s'il existait déjà en tant que tel dans la nature ; on peut se poser la question !!! ».

Or, le silicium organique existe bel et bien dans la nature.
Les expériences et les tests que j'ai réalisés sur les sables l'ont prouvé.
En outre, Duffaut en personne écrit : « Le temps ayant passé, l'étonnement s'estompa. Il fut remplacé par la stupeur teintée d'un soupçon de compassion enrobé d'un halo de jalousie, lorsque j'affirmai (faits scientifiques et spectres de résonance magnétique à l'appui) que ce D.N.R. était omniprésent dans tous les organismes vivants. »
Et Janet affirme lui-même (page 14) dans son livre : « Avec Bernard Grubis, Norbert mit au point une méthode physique de haute précision pour retrouver et doser les composés organo-siliciés dans les tissus vivants. Il put ainsi constater l'universalité de leur présence dans tous les êtres vivants. »
Comment expliquer que Janet, dans la brochure publicitaire de Dynasil, en vienne à contredire Duffaut et à se contredire lui-même ?
 
Enfin, la dernière page de la brochure précise que, désormais, « le livre du Docteur Janet (...) est distribué par Mieux Vivre la Vie », société qui elle-même diffuse le... Dynasil.

Je me suis bien entendu empressé d'acquérir cet ouvrage, intitulé « Le silicium et la vie ».

LES « TROUS DE MEMOIRE »
du DOCTEUR JANET

A le lecture de cet ouvrage, j'ai dû me résoudre à un triste constat : Jacques Janet souffre de graves troubles de mémoire.

L'auteur affiche certes son désir louable de « rétablir la vérité » sur les composés organo-siliciés (page 9) : « Il n'a jamais été autant question des composés organo-siliciés que depuis la brutale disparition de leur découvreur, Norbert Duffaut. (...) Il m'a paru nécessaire et urgent de rétablir la vérité par une mise au point objective. »
La vérité, justement, oblige à constater que la mort de Duffaut en novembre 1993 passa totalement inaperçue et ne suscita qu'une indifférence scandaleuse de la part des médias.
Ce n'est qu'en décembre 1995, après mon « coup de force », que le silicium organique fut connu du grand public.
Comme le dit Pierre Lance (2) : « S'il est vrai que Le Ribault doit beaucoup aux travaux de Duffaut, il est aussi vrai que Duffaut doit beaucoup, bien qu'hélas à titre posthume, aux initiatives de Le Ribault et à la notoriété de celles-ci, sans lequelles Duffaut serait aujourd'hui totalement oublié. »
Et ce n'est qu'à partir de 1996 que commencèrent à apparaître sur le marché une multitude de produits supposés être à base de silicium organique

Surtout, deux grands absents enlèvent toute crédibilité au livre de Janet : moi-même et le professeur Jacques Breton, et ce ne peut être le fruit d'une distraction.

Pierre Lance s'en indigne : « (...)publier en 2001 un livre sur le silicium à usage thérapeutique sans citer une seule fois le nom de Loïc Le Ribault qui en fut, avec et après Duffaut, l'un des grands maîtres d'oeuvre, n'est pas à l'honneur de Jacques Janet. »

En ce qui me concerne, Janet va d'ailleurs aller plus loin qu'un simple « oubli » : on se souvient avec quel enthousiasme Duffaut saluait ma découverte du « DL » permettant d'améliorer la récupération assistée du pétrole.
Mais sous la plume de Janet, c'est Duffaut qui devient l'auteur de cette découverte : « Cherchant un moyen de récupérer, dans les puits de pétrole, les hydrocarbures retenus dans les roches par adsorption, Norbert Duffaut remarque qu'ils y étaient fixés sur de l'argile. Ses premiers essais pour les libérer à l'aide de composés organo-siliciés se sont montrés positifs mais n'ont pas retenu l'attention des spécialistes compétents. »
Au passage, on pourrait signaler à Janet que tous les géologues savent depuis les débuts de l'industrie pétrolière que « les hydrocarbures (sont) fixés sur de l'argile ».

Mon « gommage » est sans doute scandaleux, mais celui de Breton est tout simplement impardonnable. Et il s'agit là d'une injure faite à la science.
Car Janet s'attribue purement et simplement la découverte par Jacques Breton de l'ionocinèse contrôlée : « A cette époque (1957), je poursuivais des recherches sur une nouvelle technique d'électrothérapie, l'ionocinèse, basée sur l'application d'un courant électrique régulé, strictement non polluant. », prétend-il.

Nous savons que la vérité est tout autre (3), et que c'est à la demande de Duffaut que Breton dut mettre au point un appareil que Janet était incapable de réaliser : « Le mérite de Jacques Janet est d'avoir su tirer les leçons des méthodes de la galvanothérapie et de ses aléas : pour éviter ceux-ci et les risques des sources habituelles de courant continu, il faudrait éviter les variations erratiques de ce courant. Ne connaissant rien de l'électronique, Janet ne pourra évidemment aller plus avant, devra avoir recours à une personne avertie, et me trouvera grâce à Norbert… »
Et Janet ne peut même pas prétendre ne jamais avoir rencontré Breton, puisque celui-ci nous dit : « Je vais faire la connaissance de Rager au cours d'un dîner mémorable tenu chez Janet, dîner largement arrosé et ambiance très "carabin" ! »

Autrement dit, technicien doué dans sa spécialité, Janet obtint d'excellents résultats en utilisant le DNR inventé par Duffaut, et l'appareil d'ionocinèse inventé par Breton .

L'omission (et la récupération) de mes travaux et de ceux de Breton ne sont évidemment pas involontaires, mais procèdent clairement d'une volonté délibérée.
Dans quel but ?
La suite du livre de Janet va nous donner la réponse.

Cet ouvrage est une ode à la gloire de l'ionocinèse (dont le lecteur connaît désormais le véritable inventeur), mais il reste un gros « hic » : la nécessité d'utiliser le silicium organique buvable dans le traitement de nombreuses affections, et parfois du gel. Donc du silicium sans acide salicylique ! Autrement dit, le G5... dont il ne faut surtout pas parler.

Voici quelques exemples cités par Janet (c'est nous qui soulignons certains mots... significatifs) :
p. 57 : « Actuellement, le méthylsilanetriol pur, sans radical salicylé, est disponible sous la forme d'une solution buvable. »
p. 59 : « En thérapeutique de fond, il (le silicium organique) se prend par la voie buccale. L'ionocinèse permet de concentrer l'action du produit sur une articulation ou sur une zone douloureuse. Il est hautement recommandé de toujours y associer la prise du produit par la voie buccale. »
p. 67 : « Pris régulièrement par voie buccale, le silicium organique représente un moyen simple et efficace de s'opposer à la détérioration des artères. »
p. 69 : « Le silicium organique, pris par voie orale, permet aux artères de conserver leur élasticité ou même de la retrouver. »
p. 73 : « Il est utile, chaque fois qu'un traitement par ionocinèse de silicium organique est employé, de l'associer à la prise de silicium par la bouche, afin d'en réaliser un apport complémentaire par la voie sanguine. »
p. 77 : « La prise de silicium organique par voie buccale ainsi que son application locale, sous forme de liquide ou de gel, est à associer systématiquement à tout traitement radiothérapique. »
p. 84 : « A côté des moyens habituels d'administration, le silicium organique peut s'employer en bains de bouche. »
p. 88 : « (...) la prise de silicium par la voie buccale est à recommander. »

Janet se heurte là à un gros problème : d'où vient donc ce silicium buvable et son gel ? Qui l'a inventé ? Pas Le Ribault, bien sûr, puisque l'auteur m'a « gommé ».

Pierre Lance, d'ailleurs, s'indigne de ce silence : « C'est finalement Loïc Le Ribault qui résoudra ce problème, en réussissant à remplacer l'acide salicylique par un stabilisant neutre, perfectionnant ainsi le DNR pour aboutir à son fameux G5, qui sera, lui, buvable. Jacques Janet lui en a-t-il « voulu » ? Il est permis de se poser la question en constatant que dans son ouvrage (...), le Dr Janet, après avoir longuement parlé des travaux de Duffaut, cite divers produits commercialisés après la disparition de l'inventeur, dont deux présentés comme buvables mais dont aucun n'est le G5. Et il ne cite pas une seule fois le nom de Le Ribault. Je n'ai pas trouvé cela très élégant . »

Ce problème épineux de l'origine d'un produit devenu indispensable, Janet va tenter de le dissoudre en le noyant dans des références scientifiques irréfutables :

p. 72 : « Tous les travaux déjà signalés, ceux de Schwartz, de Carlisle, de Loeper, soulignent la diminution du taux de silicium qui accompagne les processus de sclérose et mettent en évidence la possibilité de prévenir ces phénomènes par un apport régulier en silicium organique par la voie buccale. »

Malheureusement, Schwartz fit ses publications entre 1972 et 1977, Carlisle entre 1972 et 1981 et Loeper entre 1966 et 1979.
Le silicium organique buvable – autrement dit le G5 – n'ayant été diffusé qu'à partir de 1995, comment Schwartz, Carlisle et Loeper auraient-ils pu mettre en évidence son utilité en quelque domaine que ce soit ?

L'explication de toutes les malhonnêtetés intellectuelles relevées ci-dessus est en fait fort simple :

Jacques Janet publie son livre en 2001.
A l'époque, Norbert Duffaut est décédé
Je suis en exil, menacé d'une nouvelle arrestation.
Jacques Breton a toujours tenu à rester très discret.

Janet ne peut se douter qu'en 2003 je vais publier le livre de Duffaut, ni que Breton va réapparaître et publier une synthèse de ses travaux.

En 2001, Janet pense donc pouvoir écrire n'importe quoi sur n'importe qui, et réécrire à sa guise l'histoire du silicium organique à usage thérapeutique. Personne ne devrait pouvoir le contredire.

Et le médecin courageux qui avait eu l'honneur de se battre aux côtés de Duffaut en luttant contre les maladies les plus graves est devenu représentant de commerce...

En voici comme preuve l'affligeante conclusion d'un livre qui voulait avoir l'apparence d'un authentique document scientifique :

« (...) sont apparus sur le marché divers produits à base de silicium organique, sous la forme de solutions buvables présentées comme compléments alimentaires, ou de gels pour applications locales. Tous ne sont pas équivalents en qualité et en efficacité. (...) Parmi les produits remplissant les conditions requises, je peux citer :
Le Vitasil
(...)
Le Dynamag (...) »

(1) Dans une édition plus récente (automne 2006), le docteur Janet a pratiquement disparu du magazine. Remplacé par (je cite) « des scientifiques français spécialisés en silicium organique », qui proposent cinq nouveautés : l'après-solaire, la crème anti-rides de protection et trois soins bucco-dentaires. Mais ces scientifiques « spécialisés en silicium organique » n'ont toujours rien compris au mode de fabrication de ce dernier, puisqu'ils déclarent froidement que, « pour être assimilable par les êtres vivants, le silicium doit subir une « pré digestion enzymatique » à travers l'action de micro-organismes sur des cristaux de quartz. » Je serais curieux de visiter l'élevage de micro-organismes de Dynasil et de les admirer s'ébattant sur des grains de sable...
(2) Pierre Lance (2005) - Savants maudits, chercheurs exclus, éditions Trédaniel, tome 2 (chapitre « Norbert Duffaut », pages 249 à 278)
(3) Jacques Breton (2003) - Deux naïfs romantiques et confiants, 58 pages. Texte intégral disponible sur le présent site.