| La façon de procéder
des responsables d'Artrosilium se déroule en plusieurs phases
:
Phase 1.- Après s'être procuré dans une ville
donnée le fichier de personnes d'un certain âge (donc susceptibles
de connaître notamment des problèmes articulaires), ils adressent
aux « cibles » potentielles un « bon
pour un essai gratuit d'Artrosilium ». (Fig. 19)
Phase 2.- Les personnes qui répondent reçoivent
un échantillon de gel « Anti-âge »
Artrosilium. Celui-ci est accompagné d'une brochure de
16 pages supposée être rédigée par un certain
docteur Anton Robinson, dans laquelle celui-ci vante les vertus curatives
du silicium organique sous le titre « Le Remède
Naturel qui peut Vaincre la Douleur ». (Fig. 20)
Il est bien entendu impossible de connaître les coordonnées
du « docteur », pas plus que son curriculum vitae,
sa spécialité ni son lieu de travail. Et pour cause : le
« docteur » Anton Robinson n'existe pas...
On y découvre notamment à la page 9 l'énormité
suivante :
« C'est en 1957 qu'un chimiste, chercheur au CNRS, s'intéresse
aux "silanols". (...) Norbert Duffaut se rend compte
qu'à la surface de certains grains de sables, des micro-organismes
dissolvent la silice à l'aide d'acides organiques et fabriquent
ainsi une mince couche de silice amorphe, soluble dans l'eau, et - il
le démontrera par la suite - facilement assimilable par l'homme. »
(Fig. 21)
C'est ainsi que Nobert Duffaut, dix ans avant la mise sur le marché
du microscope électronique à balayage, quinze ans avant
l'invention de l'exoscopie des quartz, est supposé avoir observé
des phénomènes techniquement inobservables à l'époque.
Phase 3.- Au bout de quelque temps, les personnes qui ont demandé
l'échantillon de gel reçoivent une circulaire, dans laquelle
un nommé Dominique Boncoeur leur propose de tenter une cure d'essai
de six mois d'Artrosilium, remboursable en cas d'échec
du traitement. Elle porte en en-tête l'adresse d'un point de vente.
Phase 4.- Les personnes qui se rendent au point de vente se voient
proposer un livre rédigé par un certain John Ellis et intitulé
« Guérir par le silicium organique ».
(Fig. 22)
A la lecture de cet ouvrage, le client néophyte ne peut douter
être en présence d'une étude sérieuse et objective
sur les effets thérapeutiques du silicium organique... étude
dont les conclusions sont que le meilleur produit actuellement sur le
marché est Artrosilium, dont le point de vente se trouve
être précisément là où ils se trouvent.
Phase 5.- En réalité, la quasi totalité du livre
est tout simplement le plagiat intégral de deux ouvrages :
- Celui de Duffaut, présenté froidement dans la bibliographie
comme un « manuscrit non publié »,
alors que je l'ai trèslement publié en avril 2003,
et que vous pouvez le consulter sur mon site.
- Ma brochure « Le silicium organique G5 – Historique
et applications thérapeutiques » (© n°
03599041, Dublin), d'où sont extraits tous les modes d'application
de... l'Artrosilium.
Le problème de John Ellis
Lorsque John Ellis a pris la plume, il s'est trouvé confronté
à un problème presque insurmontable: rédiger un opuscule
qui puisse passer pour une étude scientifique objective tout en
essayant de prouver qu'il n'existe aucun produit supérieur à
Artrosilium.
Ellis se contente donc d'indiquer brièvement que je suis l'inventeur
du silicium organique buvable, sans autre précision, et
surtout sans indiquer que celui-ci, pour avoir le maximum d'efficacité,
doit être parfaitement pur. (Fig. 23)
Et pour cause : les produits vendus par Artrosilium contiennent
des extraits végétaux.
Pour justifier ce mélange, il suffit à Ellis de citer textuellement
Duffaut, qui mélangeait de nombreux ingrédients avec le
DNR.
Le reste n'est plus que du détail, et est traité à
la va-vite, comme le prouvent les nombreuses erreurs de références
(erreurs systématiques sur le numéro de page des citations
de Duffaut) et de noms propres : le docteur JaNet
devient le docteur « JaRRet »,
et le professeur Jean CahN (qui a réalisé
les testss d'efficacité sur le G5) devient Jean CahU
(Fig. 24). Au sujet de ces tests, Ellis se garde bien
de préciser qu'ils ont été réalisés
sur le G5, mais parle seulement « d'un »
silicium organique.
Enfin, dans le dernier chapitre, intitulé « Quel
silicium choisir ? », Ellis explique qu'il a « essayé
de nombreux fournisseurs ».
Il a bien sûr éliminé le G5, dont « la
formule buvable a un goût chimique et ressemble beaucoup à
de l'eau ». On peut d'ailleurs se demander comment un
produit qui a un goût chimique peut bien ressembler à de
l'eau.
La conclusion apparemment objective de l'auteur est que, parmi tous les
produits à base de silicium organique actuellement sur le marché,
il préfère nettement Artrosilium, qui a commandité
son livre.
Surprenant, n'est-ce pas ?
Dewalt, un auteur qui promet
Le livre du prétendu John Ellis présente toutefois un gros
inconvénient : relativement luxueux, il est distribué gratuitement.
Artrosilium décide alors de remplacer le fantôme
de Robinson par un prétendu Raymond Dewalt, qui n'existe pas plus
que le « docteur » disparu, et publie une brochure
intitulée cette fois « Le pouvoir du Silicium Organique »
(16 pages) (Fig. 25 ci-contre).
Le texte est bien entendu pratiquement le même que celui de le brochure
du « docteur », mais Artrosilium me fait
cette fois l'honneur de me présenter (page 9) comme « ayant
mis au point la première formule buvable de silicium organique ».
Artrosilium peut alors diffuser (sous couvert de ma découverte)
du silicium organique buvable...
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