Début juillet 2005, l'association
AMESSI recevait sur son forum un message d'un prétendu bio-thérapeute
nommé Jean-Claude Thimoléon, représentant la société
« Glycanmétal» et annonçant le lancement
par celle-ci d'un nouveau produit à base de silicium, le « Si-Glycan-3 ».
Pour promouvoir celui-ci, l'auteur n'hésitait pas à discréditer
les travaux de Duffaut et les miens au prix de contre-vérités
scientifiques et historiques scandaleuses.
Norbert Duffaut y était présenté notamment comme « un
chercheur français un peu marginal » qui se contentait
« de soigner quelques personnes dans son coin »
!
Thimoléon tentait tout simplement de récupérer notre
réputation et nos découvertes au profit d'un produit constitué
d'une molécule mixte de silicium organique et de silicium minéral...
qui ne peut pas exister.
Je m'empresse donc de publier sur internet la liste de toutes les contre-vérités
figurant dans le texte incriminé, et conclue en affirmant que le
« silicium organique colloïdal » ne peut être
qu'une escroquerie.
D'ailleurs, qui donc a « inventé » ce fameux
Si-Glycan-3 ?
Il ne peut s'agir que d'un chercheur de très haut niveau, ce qui
disqualifie Thimoléon, dépourvu de diplômes scientifiques
et qui se présente lui-même sur son site personnel comme
(tenez-vous bien) « Chamane tradition Amérindienne et
Celte », « Ours au Faucon Blanc », « Magiste
et Exorciste » !
En consultant le site du « Si-Glycan-3 »,
je découvre qu'en fait le produit aurait été « élaboré
par un chercheur impénitent (sic), (...) à savoir
le Professeur Christian Daniel Assoun, physicien ». Dans
un site internet, ce dernier s'auto-proclame « co-inventeur
de la Médecine Quantique » ! Rien que ça!
Alors, puisqu'Assoun obtiendrait la « partie organique »
du fameux « Si-Glycan-3 » à partir
de « l'action de micro-organismes sur des cristaux de quartz »,
ce qui constitue un véritable exploit technique, j'envoie un message
au « professeur » pour lui demander de m'expliquer
:
D'où proviennent ces cristaux de quartz (environnement et origine
géographique) ;
Quelle fraction granulométrique il utilise (c'est très important)
;
Quel est le spécialiste en exoscopie qui effectue la sélection
des grains (je ne me souviens pas qu'Assoun ait été un de
mes élèves) ;
Quelle est la tension d'accélération utilisée pour
cette opération, de façon à ne pas détériorer
ces courageux micro-organismes.
Assoun n'a aucune raison de ne pas répondre à ces questions,
puisque je me garde bien de demander les secrets d'extraction qui interviennent
nécessairement après la sélection et sont sûrement
d'autant plus confidentiels... qu'ils n'existent pas.
J'en profite pour lui demander aussi la justification de son titre, la
liste de ses diplômes, leur lieu et date d'obtention, ainsi que
la liste de ses publications scientifiques. Bref, rien de confidentiel,
le genre de renseignements qu'un scientifique authentique se fait un plaisir
de vous communiquer immédiatement.
La réponse d'Assoun, adressée à la présidente
de l'association AMESSI, ne tarde effectivement pas.
Datée du 23 juillet 2005, on ne peut pas dire qu'elle brille par
l'argumentation technique, ni par le niveau intellectuel. En voici quelques
extraits (fautes comprises, ponctuation et style respectés) :
« Chère Madame Laura POULIQUEN,
J 'ai bien reçu la réponse de Monseigneur Loic Le Ribault,
et les éléments particulièrement crasses que son
écrit contenait, vivant si cela est vrai en Suisse, à Thonex
donc dans mon Canton de Genève, j'irai bien volontiers lui mettre
mon poing dans la gueule comme l'on dit vulgairement car il ose nous traiter
de crapules, tout simplement parceque l'on a osé écrire
un peu de vérités chimiques sur son affaire.
Alors on ne va pas jouer avec ce Monarque du Silicium organique à
celui qui pisse le plus loin, mais je vais répondre quand j 'aurai
un petit moment, j'avoue que ce genre d 'insultes je les traite par le
mépris et l'acide sulfurique, et puis personne a peur de Mr LLR,
à d'autres époques nous aurions pu être amis, mais
là , il est allé un peu loin dans le traitement qu 'il nous
dispense, et s 'il continue on ne le poursuivra pas en France, mais en
Suisse et ailleurs au royaume uni, nous avons le plus gros cabinet d 'avocats
de Londres et il faudra qu'il écrive encore d' autres livres pour
raconter ses malheurs, nous ne sommes pas les géoliers ni les juges
d'instructions de Mr LLR, il faut qu'il se calme sinon, un jour il va
tomber sur un os quantique, on trouve toujours son maître,dit on
et ce jour semble proche pour lui,vu son ton odieux pour tous ceux qui
sont compétents et ne partagent pas ses opinions (...)
voilà je retourne à mes plasmas
ah oui au plan des mérites Universitaires je suis bien plus haut
que mon détracteur, mais je dois arrêter de consacrer du
temps à Mr LLR, de plus je vais me faire tirer la kippa par mon
Rabin, car c'est jour de Shabbat et je ne dois rien faire, mais j' ai
sa permission, ah oui peut être aussi, selon LLR je devrai être
un membre de la conspiracy Judéo Maconnique dressée contre
lui, j'en parlerai à mes frères à la prochaine tenue
de Septembre, peut être qu'en haut lieu on sait quelque chose de
cette affaire !!! a+ Assoun »
Dans ce texte assez difficilement compréhensible, on trouve de
graves menaces d'agression physique, des indices selon lesquels l'auteur
serait juif et franc-maçon... mais pas la moindre justification
du plus petit diplôme ni la plus petite ébauche d'explication
scientifique.
Et pour cause : en septembre 2005, la composition du mystérieux
Si-Glycan-3 était enfin révélée:
comme je l'avais prévu, c'est du silicium colloïdal avec lequel
l'« inventeur » mélange de la glucosamine.
Le « professeur » précise froidement « je
rappelle que la glucosamine a une action reconnue sur l'arthrite et l'arthrose »...
Autrement dit, il s'agit d'un mélange de silicium non assimilable
et d'un produit allopathique à l'efficacité reconnue. C'est
la glucosamine qui agit, pas le silicium...
Mais en un an, heureusement, les recherches du « professeur »
vont faire un prodigieux bond en avant : Fini, le Si-Glycan-3
! Vive le Si-Glycan-5 ! Pour cela, il avait suffi au génial
inventeur de colorer en rouge le « G » de « Glycan »
et de remplacer le chiffre « 3 » par un « 5 »...
Cette nouvelle découverte est si enthousiasmante que le « professeur »
s'empresse d'en déposer le nom le 10 octobre 2006 (numéro
de demande : 3457452) sous trois variantes différentes : Silicium
organique Glycan 5, Si-Glycan-5 et Si-G5.
Et pas n'importe quelles marques : des marques en couleurs !

Un esprit mal tourné ne verrait-il pas là une intention
délibérée d'abuser les consommateurs de vrai G5 ?
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